D’hier…
En 1970, la création d’organismes communautaires autonomes jeunesse était une réponse au manque de ressources autres que les écoles de réforme pour les jeunes francophones de la région métropolitaine. L’organisation de services sociaux s’adressant aux jeunes et le développement de ressources favorisant la prévention furent le point de départ de l’élaboration d’un vaste réseau d’organismes communautaires autonomes jeunesse au Québec.
Les premiers conseils d’administration de ces organismes ont vite intégré une participation active des jeunes au sein de leurs instances. L’action communautaire autonome jeunesse dans une approche globale communautaire prenait ainsi racine dans diverses communautés locales au Québec. Les mouvements progressistes de l’époque investissaient massivement ces nouveaux espaces démocratiques et d’expérimentation sociale.
En 1976, le Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Montréal métropolitain (ROCJMM) devenait un lieu d’échange et d’arrimage entre ces organismes. La concertation et la collaboration sont devenues des sujets de débats importants et ont contribué à jeter les bases des mécanismes de travail conjoint pour répondre rapidement aux réalités émergentes et changeantes de la société d’alors.
En 1991, le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) est né en réponse aux mesures administratives découlant de la réforme des services sociaux et de santé. Les membres qui sont regroupés depuis 1976 décident alors de se tourner vers toutes les régions du Québec. Le ROCAJQ peut dès lors s’appuyer sur le travail accompli pendant 15 ans par le ROCJMM et envisager des perspectives à l’échelle de tout le territoire québécois. Au terme d’une première campagne de recrutement, des organismes jeunesse de différentes régions se joignent au mouvement.
En août 2004, le gouvernement du Québec déposait son Plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire pour faire suite à l’adoption, en 2001, de la politique L’action communautaire, une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec. Ce plan d’action modifiait la hiérarchie des collaborations, des partenariats et des négociations. Le comité consultatif de l’action communautaire autonome (devenu le RQ-ACA) devenait l’interlocuteur des orientations et des balises de l’action communautaire autonome. La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) développait un cadre de financement des regroupements à partir de ces balises, et les Tables régionales d’organismes communautaires (TROC) développaient les balises de financement pour les organismes de leurs régions.
… à aujourd’hui
En 2007, l’exercice de mise en commun des forces et des préoccupations des organismes communautaires autonomes jeunesse est devenu l’occasion pour les jeunes de s’exprimer. Ils ont affirmé : « Nous vous avons choisi parce que vous êtes comme vous êtes, si vous changez, si vous devenez comme l’école, comme la DPJ, comme les CLSC, comme les autres, nous allons y perdre ce que nous trouvons auprès de vous. » Le ROCAJQ poursuit donc ses efforts avec tous les interlocuteurs pour soutenir les orientations portées par la politique de l’action communautaire autonome. Il s’est associé à la démarche du mouvement communautaire tout en réalisant des actions et des représentations visant à faire reconnaître l’approche globale communautaire et les façons de faire qu’elle implique.